12.03.2006
C'est fini, Delhi.
Il m'aura fallu 3 mois pour mettre un terme à ce blog.
Hey oui, j'ai quitté l'Inde le 22 février, où je n'avais fait en fait qu'un transit de 3 jours, revenant juste du Japon, et repartant en France de Delhi.
Les circonstances de mon retour furent un peu houleuse, car j'arriva exactement au moment où le grand-père d'Ishaan décéda. Son père et lui m'ont quand même offert l'hospitalité jusqu'à mon départ pour l'aéroport.
Au final, je tire une conclusion très mitigé de ce voyage de 3 mois en Inde (et oui, y a deux mois passé au Japon au milieu aussi, ça joue peut-être). Tout d'abord, mon sentiment majeur reste un sentiment de grande insécurité. Le fait de devoir se méfier de tout le monde, être toujours sur ses gardes, ne pas pouvoir demander son chemin à un inconnu sans serrer fort son sac, pèsent énormément. Rajouter à cela que j'étais la plupart du temps consigné à la maison d'Ishaan car c'était trop dangereux de sortir pour une fille seule, ce qui fait qu'au final, je n'ai pas pu voir grand chose, ou en tout cas, peu de choses quand je compare à mes plans du début. Et quand on part loin de chez soi pour découvrir un nouveau monde, je pense qu'il n'y a rien de pire que de se sentir enfermée, contenue, bridée. Je ne suis peut être pas restée dans la bonne famille non plus, peut-être qu'une autre famille, qui m'aurait fait plus découvrir le pays, m'aura plus appris à approcher et comprendre sa culture, m'aurait alors appris à l'aimer. Mais tout ça, je ne le saurai jamais je suppose, bien que je compte tout de même retourner en Inde du sud, seule cette fois, vraiment à l'aventure. Alors, je me sentirai peut-être plus utile quand je verrai cette misère autour de moi et que j'aurai le droit d'aider comme je peux en donnant un peu d'argent ou à manger (ce que la famille d'Ishaan m'interdisait de faire).
Je garde quand même de très bon souvenirs. La beauté des femmes indiennes, la richesse des couleurs et l'éclatante culture indienne resteront à jamais gravés, j'ai juste un sentiment d'inachèvement tenace. Mais il y a pleins de choses d'extraordinaire à découvrir dans ce pays, à condition de les découvrir correctement, de passer par les bonnes étapes et d'être libre de toutes actions.
Je suis donc de retour en France, avec tout ce que j'ai pu apprendre de ce départ de 5 mois loin de ma famille et de mes amis, et riche de ces sentiments si forts que l'on ressent quand on les revoit après si longtemps. Je ne regrette rien de ce que j'ai vécu, j'en suis juste revenue avec encore plus de projets. Ce blog va donc être arrêté, mais je vais en entamer un nouveau, car je pars vivre pour un an au Japon, où j'enseignerai le français et l'anglais à titre privé. De là, je commencerai une nouvelle aventure, car j'ai déjà prévu d'en profiter pour aller découvrir la Nouvelle Zelande, le Canada, la Corée du Sud, le Vietnam et la Thailande.
Alors je vous souhaite à tous de pouvoir vivre autant de fabuleuses expériences et surtout de ne rien regretter dans la vie, parce qu'elle est bien trop courte pour ça.
Kyupi.
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01.12.2005
Vos papiers s'il vous plaît
Bon, cette semaine, je n'ai RIEN fait... Enfin si, je suis restée enfermée à bosser mes cours du CNED pour être tranquille avant de partir au Japon. Mais bon, y a pas vraiment de lien avec l'Inde >_>
Alors je vais vous parler de quelque chose que certainement tous les français qui sont venus en Inde pourront confirmer: les indiens conduisent comme des fous.
Non, sérieusement. Si Sarkozy était ministre de l'intérieur ici, il y aurait soit ENORMEMENT de piétons, vu que 90% de la population aurait eu son permis annulé, soit plus de population du tout, vu qu'ils seraient tous en prison pour conduite dangereuse et j'en passe.
Alors c'est assez surprenant les premières fois. Surtout quand vous vous trouvez dans une auto rickshaw (vous savez, le truc à 3 roues avec un moteur de scooter et 3 bouts de taule en guise de carrosserie) et que vous avez à votre gauche un très gros bus, avec pleins de gens dedans, tellement de gens que le bus tangue d'un côté, et à votre droite, un gros 4X4 avec un gros monsieur à moustache. Oui alors dit comme ça, ça ne parait pas effrayant. Mais imaginez que les deux gus décident de vous doubler en même temps? A la fois par la droite et par la gauche? A une vitesse euh... abusive pour une route en centre-ville? Quand ça arrive, je peux vous dire que vous êtes content de descendre de l'auto et d'utiliser vos papattes pour vous déplacer.
Ensuite, il y a les gens qui décident de conduire en sens inverse de la route, ceux qui décident de ne carrément plus rouler sur la route du tout mais sur les espaces réserver aux piétons (qu'est qu'on ferait pas pour gagner du temps dans les bouchons après une journée de boulot), ceux qui claxonnent tout le temps par paranoia, et puis il y a ceux qui vous écraseraient sans aucuns remords; ils vous voient près à avancer, ils voient que le feu est rouge pour eux, vous vous dites que c'est bon pour traverser, et hop! vous vous retrouvez avec un pied ou une main en moins, dans le meilleur des cas. J'ai vu des voitures zigzaguer littéralement au milieu du traffic en faisant des queues de poissons à tout va, mais ce que je n'ai jamais vu, ce sont des gardes arrêter une voiture pour la verbaliser. " Contrôle routier? Pardon? Ah vous vous êtes trompés de pays ma ptite dame... " Quand je demande à Ishaan si les gens passent au moins un permis de conduire, si il existe au moins un code de la route, il me réponds: "Oui bien sûr. Ca coute 80€ et tu as ton permis en 2 semaines. Mais les gens se fichent du code de la route ici." Oui, ça je crois que j'avais remarqué...
Alors après ça, il y a les vaches. Avant de venir en Inde, j'étais impatiente de voir les vaches bloquer le traffic et de regarder de loin les boeufs couchés au bord de la route. Seulement peu de temps avant que je parte, le gouvernement lança une sorte de programme où toutes les personnes ramenant une vache pour être placée dans une ferme aurait une récompense de 46€. Alors forcément, il y a beaucoup moins de vaches qu'avant à New Delhi... Mais pas à Gurgaon. Et qu'est ce que ça fait une vache au milieu d'une voie rapide en pleine nuit? Dans le meilleur des cas, ça provoque des sueurs froides aux automobilistes ("Heureusement que la vache était blanche et pas noire!" me dit le père d'Ishaan après l'avoir évitée de justesse... "Euh oui, certes" dis-je en prenant l'air décontractée) ou, dans la majorité des cas, ça tue et ça se fait tuer par la même occasion.
Il peut malgré tout y avoir des situations cocasses, comme la fois où deux boeufs commencaient à se battre au milieu de la route et où le père d'Ishaan décida malgré tout de passer en les poussant et les claxonnant un peu. Et oui, le résultat fut celui auquel vous pensez, mais heureusement les voitures indiennes (japonaises en fait) sont solides. Sinon, passer à côté d'une vache en voiture au moment où elle décide de se soulager de son surplu de "liquide" est assez intéressant. A condition que vos fenêtres soient fermées.
Pour ceux qui se demandent, je n'ai pas mon permis. Mais quelque chose me dit que si je le passe un jour, la conduite des gens en France me semblera ttteeellleeemmmennttt plus sûre et plus calme qu'en Inde, que je me dis que c'est peut être pas si mal d'avoir vu tout ça.
20:31 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
22.11.2005
La culture Monsieur!
Aujourd'hui, c'était la journée sortie culturelle. Pourquoi? Parce que nous avons enfin pu aller voir le musée National. Le guide Lonely Planet me disait qu'il fallait compter au moins une demie journée pour tout voir, nous voilà donc partis en fin de matinée pour une demie journée à se culturer! (oui, la faute, c'est fait exprès...)
En sortant, nous attrapons une auto assez rapidement conduite par un gentil Monsieur Sikh. C'est qui que quoi un Sikh? Mais si, vous savez, les grands monsieurs avec des turbans sur la tête et une barbe qu'ils ressemblent soit à des Maharajas soit à des clochards. Ben vala, c'est ça un Sikh. Moi curieuse, je demande pourquoi les gentils monsieurs portent tous un turban? Tout simplement parce que leur religion leur dit de ne pas se couper les cheveux DU TOUT, de TOUTE leur vie. Alors forcément, le turban devient un peu le "must have" du sikh. Vous en avez peut être également entendu parler pour un autre évènement tristement célèbre. Les deux gardes du corps qui ont assassiné Indira Gandhi dans les années 40 étaient des sikhs. Ce qui a valu une grande discrimination envers cette communauté après les faits tragiques, un peu comme les japonais vivant aux Etats-Unis après Pearl Harbor.
Tout ça pour dire que notre conducteur était un vieux monsieur sikh au regard doux et gentil, qui nous fait un peu la conversation durant le trajet en nous montrant l'India Gate et la maison du président. Hein, quoi? Le président? Z'avez un président? Vous allez me dire que l'Inde n'est pas gouvernée par un Maharaja dans son beau palais avec ses 88 femmes? Hey mais vous brisez la magie là...
Nan, plus sérieusement, je pensais que l'Inde fonctionnait un peu comme le Japon, avec juste un premier ministre et une famille royale faisant office de symbôle. Ouai je sais, ça craint de pas connaître l'histoire du pays dans lequel on a décidé d'aller habiter 6 mois... >_>
Avant de partir en Inde, j'avais entendu dire que les sikhs étaient soit conducteur de taxi, soit garde de sécurité. Lorsque j'en ai parlé à Ishaan, il m'a effectivement dit que c'était un "on dit" très répendu, sans pour autant être bien vrai. Ca me fait penser à un truc... J'étais très surprise d'apprendre qu'on pouvait "louer" un taxi à la journée. C'est ce que fait la mère d'Ishaan sans arret. Pour 1000 roupies (environs 20€), elle loue un taxi qui l'emmène partout où elle veut et l'attend quand elle s'absente pour aller faire des courses ou visiter quelqu'un. C'est quand même franchement pratique. Sauf quand le chauffeur conduit comme une huitre espagnole qui ne parle que hindi et qui vous donne l'impression d'être dans une version revisitée du Space Montain de Disney Land.
Arrivés tout frais dispos au musée, l'excitation commence à monter à l'entrée où j'entrapperçois déjà tant de belles choses. Petit point sombre: le prix de l'entrée. Pas si cher que ça, 300 roupies (6€) sauf que ca vous fout un peu les boules quand vous voyez sur la pancarte qu'un indien paye seulement 10 roupies, parce qu'il est indien. Ah ouai. Et si j'habitais en Inde hein? Et si j'étais d'un pays avec le même salaire moyen qu'un salaire indien? Nan mais oh, bonjour le "daylight robbery" comme dirait Ishaan (vol en plein jour). Et le pire, c'est que c'est comme ça pour TOUS les monuments que vous voulez visiter en Inde. Et si vous voulez prendre des photos? Et bien ca fera 300 roupies en plus Madame! Vous voulez avoir l'impression d'être sacré? Venez en Inde, vous vous sentirez l'âme du vraie vache à lait!
Enfin bon,tout ça est vite oublié à mesure que l'on progresse dans le musée. Je dois avouer que je ne connaissais pas grand chose en art indien avant de venir (j'en sais pas beaucoup plus maintenant vous me direz) mais je dois avouer que c'était absolument magnifique. Les oeuvres que j'ai pu voir, que ce soit des statues en bois scultées, des armes ou armures, des tissus brodés, des peintures... Que cela ait été vieux de 2000 ans ou 50 ans, tout relevé d'un travail et d'un génie fabuleux. La précision et la compléxité de ces oeuvres m'ont éblouies, et c'est comme ça que l'on a passé près de 4 heures dans le musée, sans pouvoir encore tout voir.
La majeure partie de ses oeuvres étaient religieuses, comme vous le savez peut être, l'hindouisme est très présent en Inde, depuis des milliers d'années, et cela se ressent. Lorsque je demande à Ishaan, effarée que je suis devant le nombre de dieux différents qu'ils ont, combien ils en ont exactement, il me répond l'air désespéré, comme si il était lui même écrasé par leur nombre: "Un dieu pour chaque problèmes sûrement". Et c'est comme ça qu'il me raconte le mythe d'un de leur dieu que l'on voit quasiment partout içi, le dieu à tête d'éléphant, Ganesha. Ganesha est en fait l'enfant de Shiva, dieu bien connu de la destruction (Ishaan est d'ailleur un autre de ses noms ^_^ ) et d'une autre déesse. Ganesha est né après que Shiva soit parti combattre une guerre lointaine, Ganesha ignorant qu'il a un père et Shiva ignorant donc qu'il a un fils. La mère de Ganesha voulant prendre un bain, elle dit à son fils de ne laisser entrer personne dans la maison. Mais voilà t-y pas que Shiva s'en revient de la guerre et se retrouve face à un rigolo qui veut l'empêcher de pénétrer dans sa propre maison. Qu'est ce qu'il fait donc papa Shiva? Il coupe la tête du rigolo. Et beh oui, c'est pas le dieu de la destruction pour rien... Mais il se fait vite pardonner en attrapant un éléphant de passage, lui coupant la tête et la donnant à son fils en guise de réparation. Ahhh le folklore mythologique, c'est toujours quelque chose.
Dans une autre salle dédié à la civilisation pré-indienne, je passe devant un gros bloc de plexi sans faire trop attention. Ishaan me rattrape pour me dire de regarder à l'intérieur. J'y vois alors le squelette "le mieux préservé de son époque, soit 4000 ans, d'une femme mariée d'1m65". Ah c'est marrant, on dirait que c'est un vrai dis donc! Ishaan demande à un garde. Oui, c'est le vrai squellete de la madame vieille de 4000 ans. Bienvenu à glauque land. Dans le genre, la galerie d'armes et d'armures était très impressionnante. Surtout les giclures de sang (maladroitement nettoyées) qu'on peut voir un peu partout sur les sabres et épées datant de 200 ans. Ah, et sur les appareils de tortures aussi...
Comme vous le voyez, la journée fut riche en émotions et bien remplie. C'était globalement une belle claque dans ma figure, dans le bon sens du terme :) En rentrant, nous passons devant un marché de fruits et légumes. Les couleurs et les odeurs me transportent, et je me dis que oui, c'est vraiment un pays rempli de contradictions.
PS:
Quelques photos pour illustrer tout ça!
Un Monsieur Sikh
Un taxi (parce qu'ils sont tous pareils ici)
Ganesha
Papa Shiva

Le genre de marché que j'aime :)
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